(source : http://shooresh1917.blogspot.com/)
- Mardi
Mardi. Viols et arrestations. Des centaines d’étudiants des universités de Téhéran, d’Ispahan, de Chiraz et d’autres villes ont été arrêtés ces derniers jours. Les agents du Ministre des Renseignements de la République islamique et leurs relais sur les campus ont attaqué, avec l’aide des services « Herasat » (une des nombreuses polices secrètes), dans la nuit de mardi dernier, les dortoirs des étudiantes de l’université d’Abu-Ali Sina de la ville d’Hamedan. Ils ont violé des étudiantes et ont arrêté plusieurs d’entre elles, les traînant au sol jusqu’à leurs véhicules de service du Ministère des Renseignements. Déjà, lors d’une descente dans l’université un peu plus tôt dans la soirée, ils avaient arrêté d’autres étudiants.
- Mercredi
Mercredi. Arrestations. Plus de 30 étudiants ont été arrêtés dans cette université. Les étudiants en Iran et la population en général continuent depuis 5 jours à manifester contre la dictature religieuse.
Ispahan. Mercredi, 22 heures. Manifestation mortelle. Les étudiants et les habitants d’Ispahan se sont opposés aux forces répressives sur le boulevard Chaharbagh, en plein centre-ville. Plusieurs étudiants ont trouvé la mort ou ont été blessés. Les manifestants ont brisé les fenêtres de la Cour révolutionnaire de la ville [créé en 1979, ce tribunal islamique a comme mission principale d’élimer tout les opposants au régime].
Ahvaz (Kudestan). Mercredi. Jour de deuil. Les étudiants de l’université sont en tête du mouvement avec leur sit-in et leurs manifestations, scandant « à mort le dictateur » et « Aujourd’hui, c’est jour de deuil ; Aujourd’hui, les courageux Iraniens sont en deuil. » Plusieurs professeurs d’universités ont rejoint leur mouvement.
Tabriz (Azerbaïdjan occidental). Université bloquée. Les étudiants ont manifesté contre les descentes sauvages perpétrées par les forces répressives dans les dortoirs de l’université de Téhéran. La manifestation s’est tenue en dépit des forces répressives qui avaient assiégé l’université de Tabriz durant les 3 derniers jours. Les représentants du régime sur le campus ont annoncé au bout du 3e jour de blocage par les étudiants que l’université serait fermée pour un mois et que les étudiants devraient quitter les dortoirs.
Mashad (province de Khorosan). Arrestations. Mercredi. Les étudiants manifestent en scandant « Les corps des gardes de la révolution islamique ont truqué les votes, le guide les soutient » [en référence au soutien par d’Ali Khameini, le guide suprême de la République islamique] et « Nous ne voulons pas d’un gouvernement désigné ». Un grand nombre d’étudiants ont été arrêté pendant la manifestation.
- Jeudi
Téhéran (centre-ville). Jeudi. Hommage aux morts. La foule s’est répandue dans les rues Saadi, Naser-Khosro et Laleh-Zar avant de converger sur la place Toopkhaneh où le nombre n’a pas arrêté d’augmenter. De nombreux habitants se sont alors réunis place Toopkhaneh à 16 h. pour commémorer le « martyre » de ceux qui ont été tués ces derniers jours à Téhéran et dans les autres villes au cours de l’insurrection. Puis de la place Toopkhaneh, les manifestants se sont dirigés vers la place Enghelab. La plupart portait le noir en mémoire aux tués et certains brandissaient des pancartes où on pouvait lire : « Quel est ce crime pour lequel ils ont été tués ? » et « Je veux tuer ceux qui ont tué mon frère ».
Au cours de ces 5 premiers jours de soulèvement qui s’est déroulé dans tout le pays, c’est au moins 43 personnes qui ont été tuées par les agents des Gardiens de la Révolution, les forces antiémeutes et les autres forces répressives : 30 personnes pour la seule ville de Téhéran et 13 autres dans d’autres villes, notamment à Ispahan, Chiraz, Mashhad, Yazd, Kermanshah et Khorramabad. Parmi eux, il y avait des mineurs, des personnes âgées et des mères.
Le personnel médical de l’hôpital Hezar-Takhtekhabi à Téhéran s’est mis en grève contre l’enlèvement de personnes qui avaient été blessées pendant le soulèvement général. Les forces répressives ont assiégé pendant plusieurs jours l’hôpital, ont enlevé des blessés et les ont transférés dans des prisons sans aucun traitement préalable.
Suite à l’insurrection généralisée sur tout le pays et suite à la réaction barbare du régime envers la population, rien ne peut aujourd’hui justifier un apaisement ni des négociations avec ce régime archaïque. Le temps est venu pour que la communauté internationale de cesser tout lien avec ce régime et d’ imposer immédiatement des sanctions globales contre ce régime.